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Discussion

 

Pourquoi a-t-on laissé Pascal tranquille ? (Septembre-Octobre 2004)

 

Jean PACAUD nous pose la question suivante :

J'ai toujours été surpris par le fait que, lorsqu'en 1659 l'anonymat est levé sur l'auteur des Provinciales (dans une publication de jésuites !), Pascal n'est nullement inquiété (sauf erreur... Mais je pense qu'on en aurait parlé !). Pourtant il n'est pas difficile d'imaginer la rage des policiers de Mazarin qui, trois ans plus tôt, ont sué sang et eau pour identifier "le secrétaire de Port-Royal". Que sait-on sur ce paradoxe (qui n'est peut-être qu'apparent) ?

 

Hypothèse de Jean PACAUD en Octobre 2004  :

"Je suis évidemment déçu que ma question n'ait pas suscité de réaction. Aussi me paraît-il utile de proposer mon hypothèse personnelle entièrement due à la lecture du monumental ouvrage d'André Le Gall sur Pascal (année 2000). Une lecture attentive des pages 453 à 455 (consacrées à l'année 1659) nous montre que les Jésuites , poussés à la faute par la véhémence des dernières "Provinciales" sont tompbés dans le piège : l'un d'eux , le Père Pirot , publie tout bonnement une "Apologie pour les Casuistes"...Pascal a ainsi offert l'immortalité à ce bon père que l'ordre des jésuites, lui, désavoue ... C'était l'erreur à ne pas commettre et le résultat est la fronde (c'est bien l'occasion d'utiliser le mot!) des curés de Paris qui, dans un mouvement de colère sans précédent, obligent l'Archevêché à prendre ses distances et vont jusqu'à solliciter "le secrétaire de Port-Royal"  pour qu'il leur écrive un virulent manifeste... Dans ces conditions on comprend la prudence de Mazarin qui n'a pas les moyens de s'opposer de front aux curés de Paris et, à travers eux, à tout le petit clergé... Tant pis si Pascal en bénéficie ... D'autant qu'il est "neutralisé" par sa maladie d'une part et par sa passion des mathématiques redevenue dévorante, d'autre part. Il semble même que les polémiques des Provinciales l'intéressent moins... C'est dans ce contexte, me semble-t-il, que les policiers de Mazarin ont dû regretter de s'être beaucoup investis dans cette enquête... Si nous étions en Espagne, Perez-Reverte aurait déjà tiré un beau roman policier historique des années 1655/1659." 


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