Présentation et histoire de la Bibliothèque

La salle des lecteurs

Ainsi que l’explique Cécile Gazier dans son ouvrage Histoire de la Société et de la Bibliothèque de Port-Royal, certaines vieilles familles, restées fidèles au christianisme grave de l’école de Port-Royal, ont conservé religieusement des souvenirs et surtout des livres provenant du monastère ou écrits à propos du jansénisme. Par le jeu des legs et donations, se sont ainsi constituées des collections particulières, qui ont été réunies pour former enfin la Bibliothèque de Port-Royal.

L’impression tardive des ouvrages concernant Port-Royal, principalement dans le seconde moitié du XVIIIe siècle, explique la multiplication des copies manuscrites. Ces manuscrits furent saisis par le lieutenant de police d’Argenson lors de la dispersion des religieuses de Port-Royal des Champs en 1709. Il les remit à une amie de Port-Royal, Mademoiselle de Joncoux, qui employa le reste de sa vie à copier les manuscrits originaux qui étaient entrés en sa garde. Marie-Scholastique Le Sesne de Théméricourt, cousine de l’abbé d’Etemare, lui succéda dans cette tâche et y consacra également son existence. Son unique but était de réunir et de transmettre tout ce qui concernait Port-Royal.

L’abbé d’Etemare fut sans doute le dépositaire de cette collection en 1745, à la mort de Mademoiselle de Théméricourt et il semble qu’il l’ait donnée de son vivant à l'avocat Louis Adrien Le Paige, bailli du Temple.

Les ouvrages parus au XVIIIe siècle sur Port-Royal sont assez rares, car ils ont été édités clandestinement, interdits et souvent détruits par les adversaires des jansénistes. Louis-Adrien Le Paige a réuni, classé, copié, et relié par thèmes tous les documents, imprimés et manuscrits, qu’il a pu rassembler sur le jansénisme aux XVIIe et XVIIIe siècles, saisissant sur le vif la querelle de l’Unigenitus, la lutte contre les Jésuites, les mouvements parlementaires violents qui ont secoué le Siècle des Lumières, &c.

Ruiné par la Révolution, Le Paige dut vendre sa bibliothèque à deux amis, Roch et Amable Pâris, qui constituèrent la Société de Saint-Augustin. C’est ainsi que les fonds de Mademoiselle de Théméricourt et de Louis Adrien Le Paige rejoignirent une autre collection exceptionnelle, celle dite de l’abbé Grégoire.

Le secrétaire et intime de l’abbé Grégoire se nommait Jean-Louis Rondeau. Il était membre du clergé de la paroisse de Saint-Séverin. Il hérita d’une partie des livres du célèbre abbé ainsi que de bibliothèques d'amis et de fidèles de Grégoire. C’est à Gabriel Girard, premier vicaire de Saint-Séverin, et à deux ecclésiastiques de la paroisse, Jacques Euvrard et Germain Cady, que revinrent les bibliothèques de tous ces personnages.

En 1839, ils formèrent une association pour assurer l’avenir de la collection, et dès 1840, après la mort de Girard, Euvrard et Cady en firent don à la Société de Saint-Augustin.

Le 169 rue Saint-Jacques

L’ensemble de ces fonds fut tout d’abord réuni rue du Cloître Saint-Benoît, avant d’être installé au 169 de la rue Saint-Jacques en 1858, où les demoiselles Sophie et Rachel Gillet, gardiennes du sanctuaire, les protégèrent farouchement. S’inscrivant ainsi dans la lignée de ces femmes dévouées au souvenir et à la connaissance de Port-Royal, elles ont cherché partout les documents, en ont fait des copies lorsqu’elles ne possédaient pas l’original, ont dressé des catalogues, lu, trié, classé &c. 

 Augustin Gazier fut introduit par elles à la Bibliothèque vers la fin des années 1860, et il s’en occupa activement à partir de 1872, travaillant sur les documents qu’il protégeait, afin de rédiger de nombreux ouvrages consacrés au jansénisme et à Port-Royal.

Sous son administration, les fonds de la Bibliothèque se sont encore enrichis, par dons ou par legs. 10000 volumes furent ajoutés aux fonds en 1906, lorsque Augustin Gazier reçut les livres ayant appartenu aux demoiselles Gillet ; s’y ajoutèrent ensuite les bibliothèques des Frères Tabourin et des Sœurs de Sainte-Marthe, quand ces congrégations disparurent.

En 1910, la Société hérita du fonds de l’abbé Pavie de Fourquevaux, ami et correspondant de l’abbé d’Etemare.

Enfin, l’abbé Louis Cognet, en charge de la Bibliothèque à partir de 1948, déposa sa riche collection personnelle dans les locaux de la rue Saint-Jacques, où ils forment aujourd’hui le fonds Cognet.

Le masque mortuaire de Blaise Pascal

 

Les fonds en présence

 

Bien qu’essentiellement spécialisée sur l’histoire du jansénisme et du gallicanisme en France, la Bibliothèque recèle des fonds fort variés pour l’histoire des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Les trois principaux sont liés à Port-Royal, à Louis-Adrien Le Paige  et à l’abbé Grégoire.

Port-Royal (PR)

Nota : Les cotes de certains fonds ont été modifiés. On peut consulter la liste des cotes actuelles et à venir

La dénomination de ce fonds est relativement impropre : il concerne en effet tout ce qui touche, de près ou de loin, à la querelle janséniste aux XVIIe et XVIIIe siècles et ne se cantonne pas uniquement à l’histoire de Port-Royal.

Une partie des livres provient du monastère de Port-Royal des Champs, (d’où le nom du fonds). On peut ainsi citer les obituaires originaux, les Constitutions, de nombreux manuscrits, mais aussi des livres ayant appartenu à de grands personnages proches de Port-Royal, comme Antoine Arnauld, Claude Lancelot ou Pierre Nicole.

De nombreux autres livres ont été réunis après la destruction du monastère (1711). Il s’agit soit d’ouvrages du XVIIe siècle liés à la querelle janséniste, soit d’œuvres ultérieures destinées à perpétuer le souvenir de Port-Royal. Par ailleurs, un certain nombre de copies manuscrites réalisées au début du XVIIIe siècle, seules traces d’originaux perdus, enrichissent ce fonds.

Deux fonds assez proches de celui de Port-Royal proviennent de  l’abbé Fourquevaux (CF), un ecclésiastique janséniste (1693-1768), et de Louis Cognet (FC), grand spécialiste contemporain de ces questions qui s'occupa un temps de la Bibliothèque.

Ce fonds reste appelé à s’enrichir, tant par d’éventuelles acquisitions d’ouvrages anciens, parfois uniques, comme le manuscrit de L’histoire littéraire de Port-Royal, par Dom Clémencet, acquis par la Société en 1997, que par la production des chercheurs actuels.

Le Paige (LP)

Louis-Adrien Le Paige avait une conscience aiguë de vivre et d’écrire l’Histoire. Sa vie durant, il a recueilli et réuni par thèmes tous les documents possibles, imprimés et manuscrits, se rapportant aux questions religieuses et aux parlements aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Cette bibliothèque, considérée déjà de son vivant comme une des plus importantes qui soit sur ces questions, constitue aujourd’hui, à quelques exceptions près, le fonds Le Paige (LP). Dans les quelques 2500 volumes de ce fonds se trouvent plusieurs centaines de recueils factices (recueil de pièces reliées ensemble). Ces recueils portent aussi bien sur les convulsionnaires que sur les jésuites, sur l’exil du Parlement de Paris ou la bulle Unigenitus. Ils sont d’une grande richesse et constituent une source unique pour l’histoire de la France au XVIIIe siècle. Ce fonds est désormais informatisé. Les gros recueils factices qui peuvent compter jusqu'à 800 pièces n'ont toutefois pas été dépouillés (ils l'ont été partiellement par Cécile Gazier dans le catalogue papier). Ils feront l'objet d'une seconde opération de catalogage détaillé.

Grégoire (RV et GR)

Sous le nom de l’abbé Grégoire sont en réalité réunis deux fonds, l’un imprimé (RV), l’autre manuscrit (GR), qui forment un ensemble tout à fait exceptionnel sur l’histoire de la Révolution française, notamment sur l’histoire religieuse.

Conscient, à n’en pas douter, de l’importance des évènements auxquels il était en train de participer activement, Henri Grégoire a collecté, classé et relié par thèmes tous les documents imprimés qu’il a pu réunir ou recevoir à partir de 1789. C’est ainsi qu’est réuni un nombre considérable de brochures et petites publications révolutionnaires qui forment un fonds précieux et rare. Une grande partie des publications de cette époque traitant de questions religieuses est réunie ici.

Il faut ajouter à ces ouvrages les nombreux livres personnels des deux héritiers de l’abbé Grégoire, Jean-Louis Rondeau et Gabriel Girard. Il s’agit surtout de livres sur la Révolution ou d’ouvrages d’apologétique et de piété.

Le  fonds des manuscrits est, quant à lui, unique de par sa nature. Placé au cœur d’un vaste réseau de correspondance, Henri Grégoire a écrit et reçu un nombre considérable de lettres, qu’ils a conservées et classées.

Les lettres datant de 1789 à 1793 sont peu nombreuses : le 7 novembre 1793, Henri Grégoire, prêtre-citoyen, refusa d’abjurer à la tribune de la Convention et quitta l’assemblée sous les huées. Convaincu d’avoir signé son arrêt de mort, et ne voulant compromettre personne, il brûla dans la nuit tous ses documents. Ce n’est qu’après le 9 Thermidor qu’il demanda à ses correspondants de lui refaire par écrit le récit des évènements qu’ils lui avaient déjà contés.

Les lettres originales sont donc rares jusqu'à 1794, mais de 1795 aux années 1802, la Bibliothèque détient l'ensemble de sa correspondance passive (lettres de prêtres de toute la France, lettres des évêques constitutionnels et réfractaires, lettres de membres des différents gouvernements, lettres de l’étranger &c), sa correspondance relative à son diocèse de Blois, ses notes ainsi que de nombreuses pièces originales concernant les conciles nationaux de 1797 et 1801 et le Concordat.

A ces pièces, il faut encore rajouter les notes manuscrites de Jean-Louis Rondeau, secrétaire de l’abbé Grégoire et fidèle ami, sur l’Empire et la Restauration.

Cet ensemble des manuscrits de l’abbé Grégoire, outre sa valeur intrinsèque, représente une source documentaire incomparable pour les spécialistes de l’histoire de la Révolution. Le fonds Grégoire est en cours de catalogage.

 Pascal (PS)

Ce fonds est désormais entièrement catalogué. Il concerne Blaise Pascal, comme son nom l'indique, avec la plupart des éditions de ses différentes œuvres, ainsi que les ouvrages et articles le concernant (y compris en japonais ou en russe...). Ce fonds a été considérablement enrichi ces dernières années par les nombreux dons de Philippe Sellier.

Les autres fonds

Un certain nombre d’autres fonds moins importants sont également présents à la Bibliothèque, comme les biographies (BO), les éditions de correspondances et certaines copies manuscrites du début du XVIIIe siècle (LT).

Les ouvrages religieux sont évidemment nombreux : bibles, Pères de l’Église, conciles, Acta Sanctorum, Gallia Christiana, qui constituent le fonds Bible-Patristique (BP), entièrement catalogué, sermons (dont certains sont des manuscrits autographes), ouvrages d'apologétique (AP). Il faut ajouter une salle entière (environ 3000 volumes) consacrée à la liturgie : bréviaires de Paris ou romains, missels, livres d’heures, ouvrages de piété, recueils de prières &c. ainsi que de nombreux manuscrits. Ces fonds sont désormais entièrement catalogués.

Enfin, se trouvent à la Bibliothèque les archives de la Société de Port-Royal, de la bibliothèque, des Frères des Ecoles chrétiennes du faubourg Saint-Antoine, des Sœurs de Sainte-Marthe. Ces deux derniers fonds sont mal connus, mais semblent receler des manuscrits des XVIIIe et XIXe siècles fort intéressants.

Les archives d’Augustin Gazier ne sont pas à négliger. La Bibliothèque possède ses livres d’étude, ceux qui lui ont été offerts par ses contemporains (portant souvent des dédicaces prestigieuses, et toute sa correspondance intellectuelle. Cet ensemble de documents, varié et important, sera réuni dans le fonds Gazier. Il est inexploré, mais les brefs sondages qui ont pu y avoir été effectués laissent à penser qu’il contient des sources inédites pour l’histoire de l’intelligentsia parisienne de la fin du XIXe siècle.

Ce fonds XIXe commence tout juste à être exploré.

Les autres supports

Jean Louis Rondeau a également laissé à la Bibliothèque une importante série d’estampes (ES) du XVIIIe siècle sur la bulle Unigenitus, les Parlements, les jésuites (particulièrement satiriques), les convulsionnaires ou les frontispices des Nouvelles Ecclésiastiques. Il faut y ajouter les gravures de Port-Royal des Champs, notamment celles de Madeleine Hortemels, et des lithographies et images pieuses du XIXe siècle. En tout, on peut estimer à 2500 documents ce fonds très séduisant par sa diversité et par sa qualité.

Il y a d’autre part quelques centaines de plaques photographiques, se rapportant visiblement à Port-Royal et au jansénisme, dont on ne sait que peu de choses, faute du matériel spécifique nécessaire pour leur examen.

La Bibliothèque de Port-Royal possède plusieurs reliquaires d'assez belle facture

Enfin, la Bibliothèque est riche de certains objets de mémoire, comme des crucifix, des reliquaires ou le cilice de Pascal, dont la valeur est parfois plus sentimentale qu’artistique, mais qui sont aussi des témoins de pratiques cultuelles et d’une certaine forme de piété.

La mise en valeur des fonds

Le catalogage

Dans la première moitié du XXe siècle, Cécile Gazier a effectué un immense travail en cataloguant les fonds Port-Royal, Le Paige, Grégoire, Apologétique et Travail, ce dernier fonds concernant les usuels d'Augustin Gazier. La Bibliothèque de Port-Royal dispose donc d’un fichier papier qui a longtemps été le seul accès aux documents. Ce fichier est non seulement hors norme et incomplet, mais aussi dénué de tout accès par les matières, ce qui posait de gros problèmes de recherche, est désormais complété et progressivement remplacé par un catalogie informatique consultable en ligne.

C’est donc un énorme travail qui est actuellement entrepris pour mettre en place un traitement normatif et informatique de l’ensemble des documents de la Bibliothèque. Cette tâche a été entamée en 1995. Depuis février 2005, elle connaît une accélération sans précédent grâce à l'embauche de catalogueuses grâce à l'aide de la BnF.

La Bibliothèque compte environ 30000 volumes. Mais ce chiffre n’est pas représentatif de la réalité car il ne prend pas en compte le nombre considérable de recueils de pièces qui constituent une bonne partie des fonds . Là où l’on compte un volume, le catalogueur va compter parfois jusqu’à 300 pièces à traiter une par une. L’estimation la plus basse est actuellement de 155000 documents.

Les domaines de recherche exploités

L’incomplétude du catalogage a évidemment influencé le développement des recherches effectuées à la Bibliothèque. Faute de savoir ce qui existait réellement, certaines pistes n’ont pas été explorées.

En revanche, grâce aux  érudits en charge de la Bibliothèque (des sœurs Gillet à André Gazier et Odette Barenne), les études littéraires sur les auteurs de Port-Royal ont été nombreuses et sont particulièrement réputées, telles les œuvres de Louis Cognet ou l’édition critique des œuvres complètes de Pascal par Jean Mesnard.

L’aspect historique du jansénisme a été moins intensément étudié.

 

Le développement de la recherche

Si la Bibliothèque de Port-Royal a pu jusqu’à présent offrir de larges possibilités de découvertes aux littéraires et aux théologiens, il en est d’autres, en revanche, pour qui elle est encore une vaste friche.

L’histoire

L’exploitation des fonds par les historiens en est encore à ses balbutiements. L’histoire du jansénisme religieux au XVIIe siècle, du monastère de Port-Royal ou des querelles avec les jésuites, si elle a été abondamment traitée par les chercheurs en lettres, n'a été que fort partiellement abordée par les historiens. Il reste dans ce domaine de nombreux angles selon lesquels aborder les études (histoire sociale, économique, mentalités…). Naturellement, la Bibliothèque peut fournir des sources fort précieuses pour de telles recherches : c'est le cas par exemple de la correspondance des religieuses de Port-Royal des Champs, dont une partie n’a jamais été imprimée, et qui peut être une mine d’informations pour l’histoire de la vie quotidienne en Île-de-France.

Concernant l’histoire du XVIIIe siècle, le rôle de Louis-Adrien Le Paige est peu à peu découvert. Sa position centrale dans les réseaux d’influences du milieu parlementaire et son rôle d’éminence grise des robins dans leur lutte contre l’absolutisme royal apparaîssent de plus en plus clairement. Dans une telle perspective, il est certain, que le fonds Le Paige est amené à être de plus en plus exploité.

Bien que l’histoire de la Révolution soit particulièrement étudiée, le fonds Grégoire, avec non seulement un tiers de la bibliothèque de l’un des acteurs majeurs de cette période, mais aussi et surtout de nombreux manuscrits qui n’ont jamais été exploités, offre des perspectives d’études passionnantes (quel voyage que celui du chercheur au cœur de la France de 1795, racontée par les anonymes de l’Histoire, les "petits" oubliés des dictionnaires !).

Enfin, concernant l’histoire du XIXe siècle, les archives de la Bibliothèque et des congrégations dont elles fut l’héritière, ainsi que les papiers Gazier, se révéleront certainement à même de fournir un éclairage nouveau sur cette période.

Si elle est l'une des plus importantes, l’histoire n’est pas la seule des disciplines concernées par l’exploitation des fonds de la Bibliothèque.

L'histoire de l’art

Le fonds d’estampes de la Bibliothèque est fort mal connu des éventuels chercheurs. Néanmoins, quelques sondages effectués par certains lecteurs, ou à leur demande, permettent de penser qu’il est d’un grand intérêt (portraits de personnages secondaires du mouvement janséniste difficiles à trouver, satires par essence clandestines et peu diffusées, &c.) Son catalogage étant à peu près achevé, il fait actuellement l'objet de plusieurs études.

Droit

Le fonds Le Paige commence à être exploité par des juristes qui se penchent sur l’histoire du droit au XVIIIe siècle. Sa richesse aidant, il est probable que son exploration va s’intensifier.

Haut de la page
Retour à l'index Plan du site
La Société Activités Actualité Lecteurs Bibliothécaires Forum Liens Litteræ Catalogue Scriptæ

Dernière actualisation de la page : 2 janvier 2019

                                                                                                                                                               

© Société de Port-Royal 2001-2019

Informations et contact